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TACTIQUE ET STRATEGIE

11 février 2015 - 18:29

La tactique (ou stratégie ) de course est essentielle en vélo. On dit souvent que ce n’est pas le meilleur qui gagne. C’est faux ! Un bon cycliste est celui qui adapte la meilleure tactique de course en fonction des jambes qu’il a.

 

 En effet, vous avez été nombreux à me demander, en cette période où l’été et les compétitions approchent, quelques astuces techniques et tactiques pour réussir votre course. C’est très important parce que, parfois, on peut avoir le sentiment que l’on n’a pas donné son plein potentiel, parce qu’on a loupé le bon paquet, on a loupé la bonne roue, parce qu’à un moment on s’est retrouvé tout seul à mener dans le vent et à être épuisé, et puis dans la dernière difficulté on a coincé. Donc, c’est frustrant de s’entraîner, de se sentir en forme, et parfois, d’obtenir un résultat inférieur à ce qu’on voulait. À l’inverse, si vous avez la bonne tactique et la bonne stratégie, pour des courses de trois heures, de quatre heures, vous pouvez gagner dix minutes, un quart d’heure, vingt minutes facilement, parce que vous êtes dans le bon paquet. Mais en plus, comme vous pouvez être un peu plus frais, eh bien, dans la dernière ascension, au lieu de bloquer et de finir péniblement à dix à l’heure, vous avez des jambes, vous sentez bien, comme ça sent l’écurie vous avez l’énergie et vous pouvez finir à quatorze, quinze kilomètres-heure. Et donc, sur une dernière difficulté vous pouvez gagner deux ou trois kilomètres-heure, ce n’est absolument pas négligeable.

Dernier point qui n’est pas négligeable, c’est que quand on fait la course dans le jeu, avec d’autres camarades, eh bien c’est beaucoup plus sympa, on la voit beaucoup plus vite passer que quand on est tout seul dans son trip, on voit les gens passer d’un côté, de l’autre, et finalement, la course est beaucoup plus longue.

Alors, quelles sont les stratégies tactiques ? Je pourrais faire deux vidéos, trois vidéos, même un programme entier là-dessus. Alors, on va essayer d’être simple.

Je vous livre une première stratégie que je vous conseille d’appliquer si vous n’êtes pas très bien préparé, ou pas tellement sûr de vous, ou que vous ne connaissez pas bien le parcours. Par exemple, c’est la première fois que vous faites un parcours de plus de cent cinquante kilomètres en compétition, vous ne savez pas trop, ou alors c’est un parcours que vous ne connaissez pas, qui est très difficile, là, je vous conseille d’adopter la stratégie qu’on va dire gestionnaire. Qu’est-ce que c’est ? En fait, vous faites votre propre course. Vous y allez et vous allez rouler au cardio. Le principe, c’est que vous avez grosso modo entre trente et quarante-cinq minutes de super carburant avec lequel vous pouvez faire un effort vraiment très intense. En général, c’est une ascension, ou plusieurs attaques ou échappées, etc. Mais, grosso modo, c’est trente à quarante-cinq minutes où vous utilisez ce qu’on appelle le glycogène, le sucre qui est en réserve dans votre organisme, qui est pleinement disponible et qui va pouvoir donner une grande quantité d’efforts. Sinon, vous consommez principalement des graisses et des sucres en complément, mais c’est un rendement qui est bien meilleur.

Alors je vous incite souvent à vous entraîner au cardio, et en fait, vous allez gérer votre course en gestionnaire à 80-85 % de votre fréquence cardiaque maximum tout le long de la course jusqu’à la dernière heure, la dernière demi-heure ou la dernière difficulté où là, vous lâchez les chevaux avec ce que vous pouvez. C’est une stratégie que connaissent bien ceux qui font du contre la montre ou les triathlètes : on fait sa course au cardio en consommant bien notre carburant, notre diesel, je dirais, et on garde le super carburant, le kérosène ou le « super » super, pour la fin. Et ça, c’est le meilleur moyen de faire une bonne course, plutôt que de partir trop vite et après, de rapidement ne plus avoir d’énergie, et là, vous n’avez plus de petit coup de jus pour prendre, encore une fois, quelques roues pour pouvoir bien finir et être performant. En tout cas, c’est comme ça qu’on obtient les meilleures stratégies. C’est la stratégie gestionnaire, la plus simple : je roule au cardio à 80-85 % tout le long et je me lâche dans les derniers kilomètres, ou la dernière ascension, ou la dernière heure.

La deuxième stratégie, qui est plutôt une stratégie de coureur. Pour celle-là vous devez avoir un entraînement. Donc, si vous êtes bien préparé, si vous avez suivi le programme quatre fois par semaine, si vous avez fait du fractionné, du seuil, si vous sentez que vous êtes prêts et que vous avez déjà fait quelques courses, mais que vous voulez expérimenter pour votre première course, expérimentez cette stratégie coureur.

La stratégie coureur, qu’est-ce que c’est ? C’est quand on va jouer avec les meilleurs, c’est-à-dire que dès le départ, on va essayer de partir avec les meilleurs. Rapidement, on va se jauger, et si on voit que c’est trop rapide pour nous, on va se laisser descendre, mais on va essayer de rester avec les paquets, avec les groupes. Car une fois que vous êtes planqué dans un groupe, vous consommez jusqu’à 30 % d’énergie en moins, donc vous avez intérêt à être dans le groupe qui vous amène plus vite, plus loin et avec le moins d’efforts. Ce sont les meilleures stratégies. Alors, évidemment, certains me disent : « Mais alors, comment on fait pour rester dans les groupes ? Parce qu’on peut se laisser descendre comme ça dans les groupes, mais au final, c’est comme si on roulait tout seul, sauf qu’on s’est épuisé au départ. » Donc, l’idée c’est : avant une difficulté, une côte, par exemple, essayez de vous placer à l’avant du groupe. Comme ça, dans la côte, si vous êtes un peu juste, vous allez descendre dans le groupe, mais vous retrouver à la fin de la côte, en queue de peloton. Et quand ça bascule, vous restez dans le peloton et vous retrouvez la queue du groupe. Si vraiment le groupe est trop fort, de toute façon vous allez vous faire larguer, même avant la fin de l’ascension. C’est que le groupe est trop fort pour vous, laissez tomber, vous allez vous griller. Sinon, essayez de tenir le plus possible dans le groupe et vous verrez que si, à la fin des difficultés, vous arrivez à rester dans ce groupe-là même si c’est dur, eh bien, c’est que c’est le bon groupe. Si vous ne faites pas cette stratégie, ça paraît tout bête, mais souvent il y a des gens qui se disent : « Oh ben, bientôt la difficulté, je vais m’économiser ». Ils arrivent au pied de la difficulté en milieu de paquet ou en fin de paquet, et quand la difficulté augmente, ils se font lâcher petit à petit, voilà.

Donc, on part devant et après, on essaye de maintenir les groupes. C’est beaucoup plus efficace que si on se croit costaud, on part tranquillement derrière et on remonte les groupes, là, vous dépensez de l’énergie. C’est-à-dire qu’au départ, vous vous faites larguer par les autres groupes qui vont rouler plus vite que vous, ceux qui vont rouler à la même vitesse, et après, c’est vous qui allez remonter de groupe en groupe et tout seul, en général. Donc, on dépense beaucoup plus d’énergie, on est beaucoup moins efficace.

Voilà pour l’astuce de cette semaine. Pour vraiment avoir une bonne stratégie de course, je vous conseille véritablement de choisir une stratégie soit gestionnaire soit une stratégie coureur, et de l’expérimenter. Alors, commencez par l’expérimenter déjà avec vos groupes d’amis, avec vos groupes de club, etc., pour voir comment ça marche, comment on fait pour se positionner, pour un petit peu frotter, pour aller devant, pour être là. C’est en prenant l’habitude d’être à l’aise dans un peloton que l’on arrive à se positionner au bon endroit, au bon moment.

Bien sûr je ne vous fais pas une stratégie pour les dix derniers kilomètres, si des fois il y avait un sprint, etc. On verra ça une prochaine fois.

En attendant, je vous souhaite de prendre beaucoup de plaisir, de tester chaque fois que vous le pouvez de bien vous placer dans les groupes, de choisir comment vous placer, et je vous dis à très bientôt .

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ASCG